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Bienvenue sur le site de l'Association canadienne des sociologues et anthropologues de langue française (ACSALF),

une association sans but lucratif regroupant des sociologues et des anthropologues d'expression française du Canada.

L'association a pour objectif de favoriser les échanges au sein de ces deux disciplines et d'en faire la promotion.  

 

 

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Colloque international de l'ACSALF

Édition 2012

« Crise et mise en crise »

 

L’ACSALF a mis en train un colloque général qui se tiendra à l’automne 2012. Nous avons amorcé la réflexion, ce qui nous a conduits à décider d’un thème – crise et mise en crise – et des grandes orientations de notre colloque. C’est sur cette base que les membres du Conseil d’administration ont décidé d’inviter des collègues qui travaillent sur ces sujets à un pré-colloque. Nous aimerions formuler plus avant le thème du colloque, les ateliers possibles et les invités à prospecter.

 

L’ACSALF est née en 1984. C’est la seule association à réunir sociologues et anthropologues de la langue française, francophones ou francophiles, du Canada. Au fil des ans, mondialisation oblige, elle a cédé le pas aux organisations internationales. Nous croyons pourtant que la réflexivité sociale que nos disciplines assurent doit d’abord trouver son appui dans sa société la plus immédiate pour s’ouvrir au monde sur cette base. L’étude des sociétés dépend beaucoup de ceux qui les habitent, comme auteur ou comme informateur, mais cela n’exclut nullement l’ouverture «comparative» et  «universaliste» sur laquelle repose l’enrichissement mutuel des praticiens des sciences sociales. C’est pourquoi nous avons résolu d’inclure au colloque un volet international nous permettant d’inviter des intellectuels étrangers, ici en provenance du monde arabe. L’atelier auquel nous vous demandons de participer s’inscrit dans cette démarche. Comment les sociologues et les anthropologues de langue française se situent-ils face aux crises qui agitent notre société, les sociétés?

André Tremblay, Président (sociologue, Université d’Ottawa)

Membres du conseil d’administration

Paul BROCHU (sociologue, Université de Saint-Boniface)

Hélène CHARRON (sociologue, Université Laval)

Nancy COUTURE (sociologue, Université Laval)

Gilles GAGNÉ (sociologue, Université Laval)

Marie-Claude HAINCE (anthropologue, York University)

Helene MARCHAND (anthropologue)

Francisco TOLEDO ORTEZ, (sociologue, U. de Montréal)

Jorge PANTALEON, V-P (anthropologue, U. de Montréal)

Frédéric PARENT (sociologue, Cégep Lévis-Lauzon)

Paul SABOURIN (sociologue, Université de Montréal)

Marguerite SOULIÈRES (anthropologue, U. d’Ottawa)

Enkelejda SULA (anthropologue, U. de Montréal)

« Crise et mise en crise »

 

La thématique générale se reflète dans le titre du colloque « Crise et mise en crise » et nous avons pensé au monde arabe comme ouverture sur le monde. Rappelons ici que le colloque précédent avait porté sur la Critique sociale et que l’Amérique Latine avait été la région choisie pour en inviter des chercheurs et des intellectuels. À l’occasion de ce premier colloque de l’ACSALF à s’être tenu hors des cadres de l’ACFAS, nous avons réuni presque 350 participants à l’Université de Montréal pendant les trois jours de l’événement. Des Québécois, des Canadiens, des Latino-Américains, des Européens avaient discuté autour du thème lui donnant une représentation et une compréhension originales. Nous voulons répéter cette expérience couronnée de succès. Et sa première étape est de réunir un groupe restreint de personnes qui nous aideront à formuler un colloque qui soit pertinent et éclairant. C’est à cet atelier pré-colloque que nous vous convions.

Quand nous avons pensé le titre et la région, le printemps arabe n’était pas annoncé et nous sortions d’une crise économique majeure.  Nous comprenions le thème comme une critique de la gestion des populations au moyen de « crise ». Cette dernière étant le prétexte pour faire avaler des couleuvres, la socialisation massive des pertes financières des banques par exemple. Tout cela sans nier qu’il puisse exister des crises non prévues et non voulues. L’éducation supérieure nous semblait un des champs d’application de cette logique. La création de nouveaux programmes et l’élimination de disciplines parfois bien établies scientifiquement se faisant sous les augures d’une crise permanente, tantôt financière, tantôt dite des clientèles ou de l’emploi universitaire, etc. L’Université y perdait son âme pour devenir un simple lieu d’élaboration gestionnaire et technicienne sans qu’on proteste, crise oblige. Et tout le monde est heureux d’une meilleure position de son université dans des classements internationaux fondés sur une logique productiviste étroite. Nous avons tenu une journée de réflexion sur ce thème à l’université de Montréal en 2010 réunissant notamment Annick Germain, Joseph-Yvon Thériault, Gilles Bibeau et  Marc Renaud en plus d’un atelier au colloque de la CASCA en compagnie de Pierre Noreau (ACFAS), Alain Deneault et Yves Gingras.

 

Aujourd’hui, on est face à l’annonce d’une autre crise économique et le printemps arabe s’est propagé sans qu’on sache ce qui sortira de la chute des dictateurs. Des printemps où les classes moyennes instruites et les jeunes jouent un rôle important, comme le montre l’utilisation des réseaux sociaux, parfois montée en épingle. À cela s’est ajouté toute une série de « printemps » occidentaux allant d’émeutes en Angleterre et en Grèce à la détermination pacifique des indignés espagnols et, plus récemment, le mouvement mondial « occupons Wall Street ». Des mouvements qu’on décrit volontiers comme mal organisés, sans chef, ni parti, ni programme clair, inspirés les uns des autres. Un mouvement qui se fait en faisant. Les analyses se bousculent, du général au spécifique, sans qu’aucune n’émerge comme totalement convaincante : l’inégalité, bien sûr, de pouvoir et de condition; un retour des rapports de classe au-devant de la scène à cause du recul de l’État-Providence ; ou encore la polarisation des opinions et la déception envers le système politique. D’autres, plus circonstanciés, y voient surtout un haut-le-cœur de plus de 20 ans de néolibéralisme. Ou, simplement, ils identifient ces « révoltes » comme un sentiment simple mais profond d’avoir été floué : les plus pauvres ayant renfloué les plus riches sans que ceux-ci n’exerce aucune retenue sur les bonus qu’ils se versent. Une simple bulle médiatique?

 

Rien n’est totalement clair dans le monde arabe non plus. L’appellation « printemps arabe » cache une réalité complexe. Comme on peut le voir en Tunisie et encore plus en Égypte, et de manière prospective en Syrie ou au Yémen, la question de l’après crise montre les difficultés de ces mouvements spontanés, en réseau, à prendre pied dans le réel organisé qui survit à la disparition des dictateurs. D’une part, ils n’ont pas les structures qui permettent une action soutenue et bien ciblée. Ce qui laisse les fruits de ces mouvements exposés à la récupération par des groupes organisés autour d’objectifs définis. On craint souvent que les Frères musulmans, des groupes salafistes voire Al-Qaeda en profitent pour s’accaparer du pouvoir, on les voit parfois à la source des révoltes. Les pays occidentaux ne sont pas en reste dans la course pour conserver leur influence et protéger leurs intérêts. D’autre part, le départ ou l’assassinat des dictateurs et de leur famille ne met pas nécessairement fin au régime. Ce qui oblige les « révoltés »  à constamment se remobiliser pour exercer des pressions sur les dirigeants effectifs, pour réclamer des élections, l’application des lois, etc. des mobilisations à effet décroissant. Chose certaine, les jeunes élites désœuvrées jouent là comme ici un rôle central dans ces événements. Chaque individu partageant son indignation dans ce qui devient un tumulte par l’amplification des réseaux sociaux et des NTIC. 

 

De tout cela reste, malgré les limites évidentes de ces mouvements et les réalités diverses qu’ils recouvrent, l’impression persistante de voir un moment charnière de l’histoire du monde. Car les révoltes arabes, en devenant des modèles, même dans leur inachèvement, nous ont renvoyé une image aux antipodes de l’orientalisme ambiant. Peut-être se laisse-t-on trop influencer par le sentiment d’une reprise de la crise de 1929 qui nous avait conduits à un « ordre nouveau ». Ordre nouveau qui prit deux formes qui ne sont pas si loin l’une de l’autre malgré l’encensement de l’une (à gauche en tout cas) et la détestation de l’autre (sauf à l’extrême-droite) : l’État-Providence et le National-Socialisme. Chose certaine, une des dynamiques sous-tendant les crises économiques actuelles réside dans la croissance irrésistible des nouvelles puissances industrielles dont les différences sont à peine voilées par leur commune appartenance au BRICS. Le réalignement du capitalisme occidental qui en résulte (délocalisation et sous-traitance) entraîne un approfondissement de l’altération du rapport salarial. Le discours sur la démondialisation devient crédible, à gauche comme à droite (Arnaud Montebourg et Marine Le Pen). D’autres ont davantage en tête 1989, alors que le mur qui séparait les deux grandes idéologies dominantes s’effondrait. Sur ce plan aussi, le résultat n’est pas net. Le grand souffle de liberté qui a emporté le mur a pris des formes différenciées allant d’un capitalisme débridé au retour de l’autocratie.

 

Crise économique, crise politique, crise de l’université, crise de la famille, crise de la démocratie représentative, crise de la culture, crise des valeurs, crise du religieux, on pourrait répéter le même radical « crise de » pour une foule de domaines de l’activité sociale. On voit donc bien que le thème choisi est porteur. Est-il banal ou éculé? Trop large ou trop étroit? Que cache-t-il qu’il faudrait investiguer? N’est-il pas vrai que de nombreux champs déclarés « en crise » sont maintenant l’objet d’un « retour de »? Il est aussi question d’espoirs et de mémoires, de solutions et de transformations.

 

Nous ne répondrons pas ici à ces questions. Nous en discuterons. Notre objectif est de formuler un colloque qui mettra à profit les connaissances et les points de vue des deux disciplines fondatrices de l’ACSALF, la sociologie et l’anthropologie, pour approfondir une problématique qui agite l’économie et les peuples du monde. Il sera le lieu d’une mise en perspective des dimensions sociales, culturelles, économiques et politiques de ces « crises » pour en dépasser les compréhensions premières.

 

Le format : un atelier où chacun présentera en quelques minutes sa perception de la situation et les enjeux que devraient soulever les ateliers du colloque.

 

But : développer les thèmes du colloque, définir son comité scientifique

 

Les participants auxquels se joindront de nombreux membres du Conseil d’administration :

Yves-Marie Abraham (HEC)

Marcos Ancelovici (McGill-S)

Rachad Antonius (UQAM-S)

Bernard Bernier (UdM-A)

Daniel Dagenais (Concordia-S)

Micheline Labelle (UQAM-S)

Louis Marion (indépendant-philo)

Samir Saul (UdM-Histoire)

Joseph-Yvon Thériault (UQAM-S)

Karine Vanthuyne (UO-A)

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© ACSALF  Mise à jour : le 19-12-2011