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PROBLEMATIQUE
« Crise et
mise en crise », le titre de ce colloque est on ne peut
mieux choisi. Il indique bien que
non seulement qu’une crise peut être une calamité ou une
opportunité, mais aussi un projet ou un outil. C’est
ainsi que le Québec a connu cette année sa plus longue
grève étudiante. Un conflit qui s’est envenimé au point
de devenir une crise sociale qui a divisé les Québécois
et a donné l’opportunité à un gouvernement au plus bas
dans les sondages en février, de terminer bon deuxième
aux élections du début septembre.
La crise –
en tant qu'éthos, discours ou technologie de
gouvernement – est une question d'une actualité
prégnante qui a néanmoins toujours été centrale à
l'analyse sociale. En ce sens, il est nécessaire de
s'attacher aux formes contemporaines de la crise, des
mesures exceptionnelles aux états permanents de guerre,
puisque ceux-ci sont devenus des moyens utiles de faire
taire la critique, de la délégitimer, de la réprimer.
Toutefois, les révoltes arabes de 2011 ainsi que les
mouvements d'indignation occidentaux ont montré qu'il
n'en est pas toujours ainsi, offrant une réponse
éloquente au manque d'appréhension critique que ces
situations de crises successives ont induite. Malgré
tout, les analyses académiques continuent à se
bousculer, allant de problématisations générales à des
cas d'étude spécifiques (Abu-Lughod 2012, Agrama 2012,
Bayat 2009, Benslama 2011), sans qu'aucune émerge comme
étant totalement convaincante, d'où notre projet de
colloque international.
Ce colloque
vise à fournir une compréhension fine des sens,
fonctions, structures et effets des phénomènes
archétypaux de la crise globale actuelle, comme les
révoltes arabes ou les mouvements d'indignation
occidentaux. Ces « transformations sociales » nous
interpellent pour développer des analyses des causes des
crises, de leurs diverses dimensions sociales et
politiques et de leurs répercussions. Ainsi, nous
ambitionnons offrir une meilleure compréhension de la
dialectique induite par le processus
transformation/crise/contrainte/émancipation, notamment
en les extirpant de leur réalité empirique afin de les
réinscrire, plus largement, dans des théorisations ayant
trait au changement social, culturel et politique.
Toutefois, plusieurs recherches ont aussi mis en
évidence les défis que représente l’étude des événements
alors qu’ils surgissent (Handelman 1990, Lutz and White
1986). En effet, saisir les manifestations de la crise
elle-même alors qu’elle prend corps, en extraire son
sens peut parfois sembler être une tâche périlleuse.
Pour ce faire et en toute humilité, nous avons
sélectionné, pour notre colloque, des analyses alliant
perspectives à la fois théoriques et empiriques, de même
que des cas d'étude ou des analyses comparées. Cinq axes
de réflexions ont été proposés aux conférenciers :
1) Les
théories : à travers un examen et une mise à l'épreuve
des notions de crise et de mise en crise. Kosseleck et
Richter (2006) voient un premier usage du concept de «
crise » hors de la médecine, dans un contexte politique,
en Angleterre dès 1627 à l’aube de la première
révolution anglaise. Son usage en sciences sociales et
humaines apparaît pour certains à la fin du XVIIIe
siècle en France (voir Cullen 1993), alors que d’autres
(Hobsbawm 1954 et Trevor-Roper 1959, notamment) le
voient surgir un siècle auparavant, en Angleterre. Des
usages qui soulignent tous la relation entre les notions
de crise et de révolution. Trois axes épistémologiques
sont privilégiés : a) la crise en tant que rupture dans
le prévisible, (Arendt 1972, Balandier 1971); b) la
crise en tant que source de transformations majeures (Gluckman
1955 and 1963, Kapferer 2005, Turner 1969 and 1974); c)
la crise en tant qu'effet de processus ingouvernables
(Hall et al. 1978).
2) Les
formes empiriques : à partir de l'examen de la crise
générale (Gills 2010 and 2010b, Harvey 2010, Houtart
2010, Kapferer 2004, Wolf 1999) et de crises spécifiques
(Bazin and Selim 2007, Habermas 1976, Ravenhill 1986,
Redfield 2005, Roitman 2004), cet axe met l'accent sur
les dimensions empiriques de la crise. Plusieurs études
de cas seront présentées : les Printemps arabes, la
crise africaine, les crises du capitalisme et des
finances, les crises du travail, de l’éducation et de
l’université, les crises humanitaires, les crises
environnementales, etc.; nous couvrirons toute une série
d’aires géographiques : l’Afrique (Burkina Faso,
République du Congo, Somalie), Afrique du Nord (Algérie,
Maroc, Tunisie), Moyen-Orient (Égypte, Syrie, Israël,
Iran), Asie (Japon), Europe (France, Italie, Suisse),
Amérique du Sud (Argentine) et l’Amérique du Nord
(Canada et États-Unis).
3) Les
origines : En questionnant et en mettant en évidence les
origines des crises (Crotty 2009, Daimond 2005,
Koselleck 1988), notre objectif est de dépasser
l’enracinement empirique des crises pour identifier leur
ontologie, pour comprendre leurs sources. Comment
considérer les sources des crises? Y a-t-il une source
principale? L’économie, le politique, la culture, les
institutions? Peut-on même identifier cette source
précise? Certaines crises peuvent être créées de toutes
pièces, d’autres à ce point amplifiées que leur origine
ne compte guère. Des communications vont explorer les
fondements socioculturels, politiques et économiques des
crises, se basant sur différents schémas théoriques. Une
attention particulière sera accordée aux racines des
révoltes arabes, par des chercheurs provenant des
régions concernées.
4) Les
nouveaux mouvements d'émancipation : en s'appuyant sur
des exemples paradigmatiques que sont les mouvements
d'émancipation émergents (parmi d'autres, Agathangelou
and Soguk 2011, Axford 2011, Charnock, Purcell and
Ribera-Fumaz 2012, Hafez 2012, Hamdy 2012, Hirschkind
2012, Hüsken 2012, Khondker 2011, Mahmood 2012, Mamdani
2011, Meddeb 2011, Peterson 2011, Razsa and Kurnik 2012,
Sassen 2011, Winegar 2011). Quels sont les structures ou
arrangements socioculturels de ces mouvements? Comment
évoluent-ils et sont-ils impliqués dans leur société?
Comment leur émergence peut-elle être expliquée?
5) Les
avenues possibles : à travers les effets des crises (Das
2006, Hart, Laville, and Cattani 2010, Lebaron 2010,
Mbembe and Roitman 1995, Nagengast 1994, Scheper-Hughes
2008). Quelles possibilités les crises actuelles
ouvrent-elles? Si les mouvements d’émancipation sont une
des résultantes des crises, d’autres transformations
parfois évidentes, mais souvent subtiles ou moins
explicites en découlent. Il faut alors les débusquer
dans les stratégies, les pratiques et les politiques qui
s’inscrivent dans la vie quotidienne des individus et
des communautés. Quelles possibilités, ces crises
ont-elles fait apparaître? Quelles « ouvertures » ont
juste commencé à être identifiées? Plus largement,
l’après-crise, si ce concept a encore du sens devant
leur pérennisation, laisse-t-elle entrevoir des
directions impensées jusqu’alors?
Les
manifestations en Occident et plus spécifiquement au
Québec et jusqu’à un certain point dans le monde arabe
nous donnent à réfléchir sur le rapport aux
institutions, aux valeurs et aux rapports entre l’avant
et l’après, du passé au futur. On a souvent comparé,
surtout ici, le mouvement actuel à mai 1968. Or, mai
1968 était nettement une rupture avec le passé, la
tradition, alors que les mouvements actuels semblent
rejeter davantage un futur prévu, promis, inéluctable.
Force en effet est de constater que « l’avenir », le «
progrès » ou le progressisme sont devenus une constante
non du discours de la gauche mais de celui de la droite.
Les nouvelles technologies, l’innovation, un futur à la
sauce globalisante fondé sur le chacun pour soi sont
tous devenus des antiennes du discours gestionnaire. Les
contestataires ne sont pas des néo-luddites. Leur usage
des nouvelles technologies a été bien des fois
remarquable. Ils rejettent néanmoins la vision du futur
qui vient avec elles, leur obsolescence programmée et la
menace envers l’environnement. La vision de l’université
des étudiants québécois, une université consacrée à
l’enseignement et au développement d’une pensée libre,
une vision tout à fait classique, instituée, de
l’université est exemplaire. Une conception qui s’oppose
de plein fouet à celle qui la place au cœur de
l’économie de la connaissance et qui lui fixe comme
horizon de produire les connaissances qui nous
permettront de conserver notre avantage économique au
sein du monde. La situation dans le monde arabe est plus
complexe alors que coexistent des groupes qui veulent
reconnecter avec le passé
et d’autres
qui veulent rompre avec lui. Chose certaine, les uns et
les autres veulent rompre avec le futur d’ancien régime.
Haut
Comité d’organisation
:
Rachad ANTONIUS (Sociologie–UQAM); Hélène CHARRON (Sociologie–Université
Laval); Gabriela COMAN (Sociologie–Université de
Montréal); Nancy COUTURE (Sociologie–Université Laval);
Marie-Claude HAINCE (Social Science–York University);
Frédéric Parent (Sociologie–Cégep de Lévis); Paul
SABOURIN (Sociologie–Université de Montréal); André
TREMBLAY (Sociologie–Université d’Ottawa).
Haut
Comité scientifique :
Yves-Marie ABRAHAM (Gestion–HEC); Marcos ANCELOVIVI (Sociologie–McGill);
Rachad ANTONIUS (Sociologie–UQAM); Pierre BEAUCAGE (Anthropologie–Université
de Montréal); Bernard BERNIER (Anthropologie–Université
de Montréal); Daniel DAGENAIS (Sociologie–Université
Concordia); Sylvie FORTIN (Anthropologie–Université de
Montréal); Gilles GAGNÉ (Sociologie–Université Laval);
Louis JACOB (Sociologie–UQAM); Micheline LABELLE (Sociologie–UQAM);
Louis MARION (Philosophie–Indépendant); Martin MEUNIER (Sociologie–Université
d’Ottawa); Jorge PANTALEON (Anthropologie–Université de
Montréal); Samir SAUL (Histoire–Université de Montréal);
Paul SABOURIN (Sociologie–Université de Montréal);
Marie-Blanche TAHON (Sociologie–Université d’Ottawa);
Joseph-Yvon THÉRIAULT (Sociologie–UQAM); André TREMBALY
(Sociologie–Université d’Ottawa); Karine VANTHUYNE (Anthropologie–Université
d’Ottawa).
Haut
Hébergement
Hôtel Les Suites Labelle
(1205 Labelle,
Ville-Marie, H2L 4C1 Montréal)
http://www.hotellabelle.com/
Pour réserver vous pouvez simplement vous
rendre sur le site web de l’hôtel
www.hotellabelle.com<http://www.hotellabelle.com><http://www.hotellabelle.com><http://www.hotellabelle.com>
et cliquer sur "Réservez".
Une fois sur le système de réservation, cliquer sur
l’onglet "Réservation de groupe" en haut de la page.
Le code d’accès est le : acsalf12
Vous pouvez réserver les chambres à partir du 18 octobre
jusqu’au 28 octobre.
La date limite a laquelle vous pouvez
faire une réservation est le 8 octobre 2012.
Haut
Comment
se rendre à Montréal
de
l'aéroport Pierre Elliot Trudeau à la ville de Montréal
?
LIGNE 747
AÉROPORT P-E-TRUDEAU/CENTRE-VILLE
747 Aéroport
P-E-Trudeau/Centre-Ville
Le service de la ligne
747 est offert 24 heures par jour, 7 jours sur 7, entre
l'aéroport et Montréal.
c
Le temps du trajet est
de 45 à 60 minutes, selon les conditions de circulation.
c
Pour voir le
parcours et les horaires,
cliquez ici.
c
Ligne
747 Aéroport P-E-Trudeau/Centre-Ville : pour l’Hôtel Les
Suites Labelles, descendre à la station Berri
et
Place Émilie-Gamelin (code
61153).
c
Tarifs
Le
tarif est de 8 $.
Ce tarif offre un
laissez-passer valide 24 heures consécutives sur tout le
réseau bus et métro de la STM.
c
Les titres de
transport suivants sont aussi acceptés à bord sans coût
supplémentaire :
c
Points de vente à l'aéroport
c
On peut
se procurer les titres de transport soit au
Bureau de change International
Currency Exchange (ICE),
au niveau des arrivées internationales, soit dans les
distributrices automatiques (mais seulement pour les
cartes 1 jour ou 3 jours), également au niveau des
arrivées internationales.
c
Le
tarif de 8 $
peut également être payé en
monnaie exacte
dans le bus. Seules les pièces de
monnaies sont acceptées (pas
de billets en papier).
c
Pensez à votre retour !
c
Avant votre départ
vers l'aéroport, procurez-vous votre titre de transport
:
-
Dans les stations de
métro (carte à 8 $)
-
À la gare d'autocar
de Montréal
-
Au Centre
Infotouristique de Tourisme Québec au centre-ville
-
À l'hôtel Hilton du
centre-ville
-
À l'aéroport de
Montréal
c
Pour plus
d'informations, rendez-vous au comptoir d'information de
la STM au niveau des arrivées internationales,
adressez-vous à l'un des représentants de la STM près de
l'arrêt à l'extérieur de l'aéroport ou visitez stm.info.
c
Taxis
Le prix pour venir de
l’aéroport au Centre-ville de Montréal est d’environ 60$
(un pourboire est toujours apprécié).
Voici quelques numéros
de téléphone:
c
Taxi Co-op :
514-725-9885
Taxi Champlain :
514-273-2435
Taxi Hochelaga :
514-256-9033
Taxi Diamond :
514-273-6331
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