Mot du président

Je souhaiterais d’abord dresser le bilan de mon mandat à la direction de l’ACSALF et ensuite vous exposer les défis à venir pour notre association.

Nous avons tenu en octobre 2012, un colloque international à l’INRS, rue Sherbrooke à Montréal. Je passe les détails de la saga que fut l’organisation du colloque si ce n’est pour rappeler que nous avons subi les contrecoups de la grève du printemps précédent, perdant notamment nos locaux à l’UQAM quelques semaines avant sa tenue pour cause de session comprimée et d’abolition de la semaine de lecture. Ce qui a aussi nui aux assistances.

Le colloque a plus que jamais mérité son titre « Crise et mise en crise ». Je tiens à remercier encore une fois l’INRS et sa directrice, Madame Claire Poitras, de nous avoir accueillis. Le colloque fut un succès avec plus d’une soixantaine de communications. Nous sommes aujourd’hui à la veille de pouvoir lancer les Actes du colloque, de mettre en ligne l’essentiel du matériel, dont des vidéos des conférences plénières, et de boucler ainsi la boucle qui avait débuté en décembre 2011 avec un atelier préparatoire regroupant une vingtaine de sociologues et d’anthropologues intéressés par le thème du colloque.

Dans la foulée du colloque de Montréal, nous avons aussi tenu un événement intitulé : « Depuis le Printemps arabe, la Tunisie et au-delà », à l’Université d’Ottawa en collaboration avec le Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités (CIRCEM) (Ottawa), la Faculté des Sciences Sociales et le Département de sociologie et d’anthropologie de l’Université d’Ottawa. Nous les remercions.

Cela dit, je ne voudrais pas passer sous silence la prolongation qu’a connue notre colloque grâce aux chercheurs du Collectif d’analyse sur la financiarisation du capitalisme avancé (CAFCA) qui ont organisé le 5 avril 2013, à l’UQAM, en collaboration avec l’ACSALF, les ateliers qu’ils n’avaient pu tenir lors du colloque de 2012. Le titre de cet événement indique l’angle sous lequel ils approchaient la notion de crise : « Crise, mise en crise et financiarisation du capitalisme avancé ». Je remercie particulièrement Éric Pineault, professeur de sociologie à l’UQAM et directeur à la chaire MCD.

Nous remercions également le CRSH, la Fondation Wenner-Gren, le consulat de France et l’UQAM pour leur support à nos activités.

Notez également que nous avons remis le 7  juin 2013 le prix George-Henri Lévesque à deux étudiants pour leur excellente maîtrise, Audrey Rousseau s’est mérité le prix en sociologie, Marie-Andrée Burelle celui en anthropologie.

Comme par le passé, à chaque mois de l’année académique, l’info-ACSALF est livré dans les boîtes de courriel de nos membres.

Cette année a mis fin à une époque. Madame Gabriela Coman s’est retirée après plus de cinq ans de collaboration avec l’ACSALF à titre de coordonnatrice de l’association. Elle débute un stage de recherche postdoctorale à l’EHESS. Elle siègera mainteant au conseil d’administration. Je me fais ici le porte-parole des présidents et membres du conseil d’administration et du comité exécutif pour la remercier de son excellent travail et de son dynamisme. Elle a assuré la continuité de l’ACSALF et en a longtemps constitué la mémoire institutionnelle (et celle du président). J’en profite également pour souhaiter la bienvenue à Mounia Tabach qui s’est jointe à nous au mois de septembre et qui, nous l’espérons, jouera ce rôle de coordonnatrice pour de nombreuses années.

LE FUTUR : MOBILITÉS

Un appel à contributions circule actuellement pour le prochain colloque international de l’ACSALF. Ce colloque est réalisé en collaboration avec l’Association Internationale des Sociologues de Langue Française (AISLF). Le prochain congrès de l’AISLF aura lieu à Montréal, en 2016. Et, à mi-parcours entre le congrès de 2012 et celui de 2016, l’AISLF collabore à l’organisation d’un colloque avec l’Association Nationale hôte de l’événement de 2016. Notre événement aura donc lieu en octobre 2014 à l’Université d’Ottawa. Sa Faculté des Sciences Sociales supporte notre démarche. Le Conseil d’administration a amorcé la réflexion au printemps dernier, ce qui nous a conduits à décider d’un thème et des grandes orientations du colloque. Nous avons tenu en juin 2013 un atelier de réflexion avec un groupe d’une vingtaine de sociologues et d’anthropologues, les uns chevronnés, les autres représentants les nouvelles générations afin de mieux définir et préciser la thématique.

La thématique générale se reflète dans le titre du colloque « Mobilité(s) » et nous avons pensé à la francophonie, dans le contexte canadien comme international, comme région à l’honneur. Rappelons ici que le colloque précédent (2012) a porté sur la crise et que la région à l’honneur était le monde arabe, en 2008 la critique sociale et l’Amérique Latine jouaient les mêmes rôles. Nous soulignons aussi que le concept de «région à l’honneur » n’est pas limitatif, en ce sens que l’on peut présenter lors du colloque si l’on s’inscrit dans la thématique malgré que ce soit sur une autre région du monde. Il indique que l’ACSALF fait un effort particulier pour en inviter des chercheurs et des intellectuels. Le thème et la région nous guident pour inviter des conférenciers pour discuter du thème lui donnant une représentation et une compréhension originales. Nous voulons renouveler l’expérience car à chaque fois elle fut couronnée de succès.

Le thème choisi par le CA de l’ACSALF est donc celui de la mobilité. C’est un thème que nous croyons porteur et suffisamment large pour attirer de nombreux conférenciers tant de sociologie que d’anthropologie. Même si notre projet a débuté bien avant le débat actuel sur la Charte des valeurs québécoises, nous pouvons d’ors et déjà constater la pertinence de cette thématique. Notre objectif est de formuler un colloque qui mettra à profit les connaissances et les points de vue des deux disciplines fondatrices de l’ACSALF pour approfondir une problématique qui agite les peuples du monde. Il sera le lieu d’une mise en perspective des dimensions sociales, culturelles, économiques et politiques, que cette « mobilité » met en jeu pour en dépasser les compréhensions premières. La mobilité – des gens, de l’information, des biens ou encore des capitaux – a atteint des sommets sans précédent au cours des dernières décennies. Si la mobilité n’est certes pas un phénomène nouveau, il n’en demeure pas moins que la prééminence de l’idée de mobilité comme logique dominante a, quant à elle, gagné beaucoup de terrain à un point où elle en est venue à structurer (aussi bien verticalement qu’horizontalement) les rapports sociaux, culturels, économiques et politiques, tout en engendrant des transformations importantes au sein de nos sociétés à travers les contacts, frictions et fractures qu’elle génère.

Nous voulons aussi mettre en œuvre une série de conférences au cours des mois précédant le colloque au sujet de la problématique de la mobilité.

LES DÉFIS

L’argent, toujours l’argent. Comme vous le savez, depuis quelques années l’ACSALF doit entièrement subvenir à ses besoins à partir de ses revenus propres. Les cotisations des membres individuels et institutionnels en sont la principale source, sinon l’unique. Le recrutement devient donc de plus en plus une activité cruciale et vitale. Nous réussissons à obtenir des subventions pour organiser nos activités, mais celles-ci sont toujours conçues avec le contexte de départements universitaires qui fournissent travail et ressources avant et après les événements. À l’ACSALF, c’est l’association qui prend en charge ces faux frais qui sont des vraies dépenses. Nous avons augmenté le nombre de nos activités majeures avec l’objectif de tenir un colloque international aux deux ans afin de devenir plus pertinent pour les membres et nos disciplines, mais cela nous laisse avec peu de moyens.

Le renouvellement de l’association est un des enjeux cruciaux auxquels sont confrontées les associations telles que la nôtre. La génération qui a présidé à sa formation s’est déjà largement retirée des affaires courantes. Elle a été remplacée par une nouvelle génération qui elle aussi prend de l’âge. Et déjà des plus jeunes, souvent à l’orée de leur carrière s’engagent dans l’ACSALF. Nous avons aussi convenu avec certains Départements d’abonner leurs étudiants gradués au moyen d’une contribution institutionnelle. Le renouvellement n’est pas uniquement affaire de succession. Nous avons travaillé sur un nouveau site (ce qui explique certains retards pour sa mise à jour) et sur un nouveau logo. Nous tenons à jour une page sur Facebook. Par exemple, nous avons suivi au plus près le débat sur la Charte des valeurs tel qu’il se montrait dans les médias et sur la toile, en plus de faire référence à des articles, statistiques et thèses portant sur le sujet. Nous suivons aussi le dossier de la transformation de l’université et différents autres dossiers que nous jugeons d’intérêt pour nos membres.

André Tremblay (sociologue), Département de sociologie et d’anthropologie, Université d’Ottawa