Crise et mise en crise, Actes du colloque de l’ACSALF

Les Actes du colloque de 2012 sont maintenant disponibles.

Crise et mise en crise

La crise est à la fois une notion et un phénomène qui en est venu à prendre une place de plus en plus prépondérante au  cours  des  dernières  années.  C’est  celle  de  2007-2008,  la  plus  importante  crise économique et financière depuis 1929, qui a inspiré l’ACSALF dans le choix du thème de son colloque de  2012.  La  crise  qui  a  secoué  le monde  arabe  et  que  l’on  a  appelée  sous  le  nom  romantique  de « Printemps arabes » n’a  fait qu’ajouter une autre dimension,  complexification,  à  la notion qui nous avait inspirés. Une des difficultés de publier un ouvrage sur la crise contemporaine tient au fait qu’elle semble  sans  fin,  constamment  renouvelée et multiforme. L’Europe, par exemple, n’est  toujours pas sortie  de  la  « crise »  économique  de  2008  alors  que  les  États-Unis,  d’où  pourtant  elle  provient, claironnent leur prospérité retrouvée. Quant aux Printemps arabes, il y a longtemps que l’on n’évoque plus  les  espoirs  qu’ils  ont  fait  naître.  Malgré  la  singularité  de  chaque  cas,  les  crises  politiques  et sociales,  voire  économiques,  ne  se  sont  pas  tues  pour  autant  et  elles  continuent  à  travailler  ces territoires et ces sociétés. L’Égypte, après une élection démocratique ayant porté au pouvoir les Frères musulmans,  est  revenue  à  un  gouvernement  dirigé  par  un  ancien  général  à  la  suite  d’une  prise  de pouvoir des plus controversée. La Syrie, dont le dirigeant s’accroche au pouvoir sans concession, est en proie à une guerre civile sanglante qui a peu à peu dégénéré en conflit régional avec l’apparition de l’État  islamique  et  l’intervention  aérienne  d’une  coalition  internationale  regroupant,  notamment,  le Canada,  la  France  et  les  États-Unis.  Enfin,  si  une  partie  significative  du Monde  arabe  semblait  en révolte, l’évocation même d’un « printemps », lui, semble désormais grotesque; sauf peut-être pour la Tunisie  qui  a  résisté  à  l’anarchie  de  son  proche  voisin,  la  Libye,  et  a  su  tenir  des élections démocratiques  où  l’alternance  a  été  respectée. Malgré  sa  prépondérance,  notamment  dans  notre effort pour circonscrire le thème de la crise en se focalisant sur une région du monde qui a connu son lot de  crises, nous ne nous en  sommes  pas  tenus  au  seul  « cas »  arabe. Nos  conférenciers nous ont présenté la situation du Japon, de l’Argentine, de l’Australie, de la Somalie et du Québec, notamment. (extrait de l’introduction). Vous pouvez y avoir accès en cliquant sur l’image de la page couverture.

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