TABLE RONDE : « MOBILES/IMMOBILES : LES NOUVELLES FIGURES DE LA PRÉCARITÉ ET LES STRATÉGIES D’ACTION »

Table ronde de l’ACSALF

Organisateurs : Lucio Castracani (Université de Montréal / IRTG Diversity) et Marie-Claude Haince (Vice-présidente de l’ACSALF, University of the Witwatersrand)

Vendredi le 30 mai 2014, de 14 h 30 à 17 h 00
INRS, 385 rue Sherbrooke Est (métro Sherbrooke)
Salle 1106 (1er étage)

Description

Au cours des dernières décennies, l’intensification des mobilités humaines – phénomène intimement lié à la mondialisation – a eu pour effet de bouleverser toute une série de rapports, notamment celui à l’espace et au territoire, à la citoyenneté et aux appartenances, à la temporalité et au travail. Pour réguler cette mobilité, la gestion de l’immigration s’appuie sur une panoplie de procédures administratives, de lois, de programmes qui, tout en contrôlant ces mouvements, en vient également à les qualifier et à les connoter qualitativement, pour s’assurer que cet afflux réponde bien aux besoins économiques de l’État. Ainsi, l’intensification des mobilités ouvre de nouvelles possibilités pour certains alors que pour d’autres, toutefois, elle peut devenir la source d’une précarisation de l’existence. En effet, au Canada cette mobilité différentielle favorisant la venue d’une main-d’œuvre utile se matérialise dans le contraste entre les différents types de contrats pour les travailleurs temporaires. Cette manière de faire est devenue emblématique.

C’est donc dire que le binôme mobiles/immobiles est plus souvent qu’autrement réducteur, car il n’est pas à même de rendre compte de la complexité de l’expérience de la mobilité/immobilité. Par exemple, les migrants peuvent souvent partager l’incertitude de ceux qui ne migrent pas, les immobiles, qui eux aussi ont assisté dans ces mêmes dernières décennies à l’intensification des mobilités, mais qui ont aussi été confronté à l’érosion progressive des droits sociaux – comme la récente réforme de l’assurance-emploi – et à une transformation importante du travail.

Cet ensemble de phénomènes parallèles travaillant les sociétés contemporaines fait en sorte que la précarité devient un élément rassembleur qui réunit des individus ou sujets qui souvent sont placés en opposition dans les discours médiatiques et politiques – pensons entre autres aux travailleurs étrangers et aux travailleurs résidents qui partagent pourtant la même précarité au travail.

Cette table ronde se veut donc une occasion de réfléchir sur les différents enjeux qui favorisent, aujourd’hui, la précarisation des existences, aussi bien en termes de travail que d’accès à la mobilité et au-delà. Comment penser la mobilité par-delà la dialectique mobiles/immobiles? Quelles sont les nouvelles figures de la précarité? Quelles sont les formes de précarisation à l’œuvre? Quelles possibilités d’actions? Quelles stratégies peuvent-elles être mises en œuvre pour contrer ces forces dominantes? Telles sont certaines des questions auxquelles les participants à cette table ronde tenteront de répondre.