Visages contemporains de la critique sociale

Ouvrage dirigé par Marguerite Soulière, Karine Gentelet et Gabriela Coman

Le sentiment d’urgence de réfléchir à la critique sociale a grandi à force d’entendre qu’elle n’existait plus et qu’on vivait désormais dans une société démissionnaire et démobilisée. C’était en 2008.

Ce qu’on considérait être de la critique sociale restait toujours associé aux importants mouvements sociaux de libération et d’émancipation des femmes, des jeunes et des groupes marginalisés. Ces mouvements soutenus par des organisations locales, régionales et nationales, elles-mêmes regroupées en coalitions, avaient fait front commun pour leurs revendications et avaient obtenu de réels changements de politiques, et acquis de nouveaux droits et services. C’est avec ces références en tête qu’on regardait la jeunesse, apparemment happée par le numérique et le virtuel, et désintéressée des débats de la cité réelle. On voyait les groupes communautaires engloutis dans les structures gouvernementales et incapables de générer des actions collectives de l’ampleur d’autrefois.

Ces discours dominants sur la disparition de la critique sociale renvoyaient de nos sociétés l’image d’un agglomérat d’individus isolés, indifférents, repliés sur leur confort ou excusés par la peur. Était-ce vraiment le cas ? Pendant que l’urgence de se positionner comme citoyens, de prendre part aux débats et d’agir sur les grands enjeux sociaux, politiques, économiques, éthiques et environnementaux s’imposait  indéniablement,  était-il  justifié  d’évoquer  le  silence  et  l’immobilisme  comme  seules réponsescollectives?Certes, les années 1960-1970, des années de profondes transformations, pouvaient servir de référence explicative. Cependant, cantonner la critique sociale à ce qu’elle fut dans des conjonctures sociales, économiques et politiques d’une autre époque ne nous privait-il pas de la voir telle qu’elle était ? La critique sociale était-elle vraiment en train de s’éroder au point de disparaître ? Les obstacles idéologiques ou structurels qu’elle rencontrait pouvaient-ils vraiment en réduire la faisabilité ? Ne pouvait-elle pas tout simplement avoir muté suite à de nouvelles réalités et en fonction de nouveaux contextes ? (extrait de l’introduction)

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